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Trois heures de débats. Trois heures durant lesquelles le Débat d'orientation budgétaire a accentué les clivages entre majorité municipale et partis d'opposition.
Le suspense a pris fin, au terme de la séance, par l'annonce de Franck Martin. « Les impôts augmenteront en moyenne de 28 € par an sur la taxe d'habitation, soit une augmentation des taux de 9 %. » « On a quand même frisé une hausse à deux chiffres ! », a rétorqué Michel
Doucet (PS).
Quel que soit le pourcentage, les trois oppositions ne veulent pas de cette augmentation et l'ont fait savoir, tour à tour.
Ce qu'il ne fallait pas faire
Patrice Yung, adjoint chargé des finances et Franck Martin (qui avait placé près de lui le directeur financier de la ville) ont bien tenté d'argumenter, d'avancer
les dépenses incompressibles (les salaires des fonctionnaires), les taux d'intérêt des banques, le coût du chauffage qui s'enflamme, des matières premières, les dotations de l'Etat revues à la
baisse.
Franck Martin a aussi salué les services municipaux, qui se sont tous mobilisés pour traquer les dépenses dont ils pourraient se passer.
« La crise, c'est
un million d'euros, lâche Franck Martin. Le budget que nous présentons est un budget de rebond, qui va nous permettre de nous redonner une marge d'autofinancement. Ce soir, c'est votre
responsabilité qui est engagée pour présenter un contre budget », a-t-il lancé aux membres de l'opposition.
Ils se sont surtout attachés à critiquer quatorze ans de gestion, et des choix qu'ils n'auraient évidemment pas faits. Comme, pour Olivier Aubert
(UMP) « les
dépenses engendrées par la construction et le fonctionnement de la villa Calderon ». Il a critiqué aussi « un taux d'autofinancement très en dessous du raisonnable et une
incapacité à réduire la dette sans recourir à l'emprunt ».
Où faire des économies ?
Dans le même camp, Benoît Veyrat estime que « ce ne sont pas les taux d'intérêts qui sont responsables de l'endettement, mais le panier du maire qui est
percé depuis quatorze ans ! Vous n'avez pas géré en bon père de famille l'argent que les Lovériens vous ont donné avec leurs impôts ». Plutôt
que d'augmenter les impôts, il préconise de «
réduire les projets d'équipements, de ralentir le rythme ».
Ce sera fait puisque l'équipe municipale veut « sanctuariser l'éducatif et le social ». Malgré leurs
divergences de points de vue, les trois oppositions se retrouvent sur certaines dépenses qu'elles jugent inutiles. C'est le cas de la création d'un centre d'art contemporain, annoncé pendant la
campagne électorale et sur les lignes « communication et cérémonies ». Un argument qui fait bondir le maire. « Alors, ayez le courage de dire aux Lovériens ce que vous voulez supprimer : le magazine Allez Louviers,
l'atelier reprographie utilisé par les associations, la cérémonie des vœux, le banquet des anciens, la galette des rois, les animations de Noël, la Saint-Michel, Louviers Plage ? J'attends de
l'opposition un peu plus de responsabilité ! »
« La cérémonie des vœux, répond sans hésiter Sophie Ozanne (NPA), véritable one man show
où les Lovériens jouent le rôle de faire-valoir. » Selon elle, les économies pourraient également être faites en supprimant la vidéosurveillance.
Elle demande à « la majorité municipale de revoir ses ambitions. En période de crise,
notre ligne de conduite serait de ne pas augmenter les impôts, ni les tarifs municipaux, afin que les Lovériens n'aient pas à payer deux fois la note ».
Enfin, l'ancien adjoint aux finances, Michel Doucet, manie les chiffres, calcule, se demande comment la municipalité fait pour « afficher 221 000 € de plus en recettes au budget 2009 avec 509 000 € en moins », suppute une augmentation des tarifs municipaux de 25 %, déplore une « épargne misérable de 1,37 million » et estime que les faibles investissements prévus ne permettront pas au maire de tenir ses engagements.
Pourtant, malgré les coups échangés, on a le sentiment que l'opposition a gardé des cartouches pour le conseil municipal de lundi prochain. Le vote du budget sera-t-il sanglant ?
B.R.